Ce texte en prose poétique décrit des expériences (de lieux, de paysages, de rencontres) qui semblent mal répondre à notre intérêt tout naturel et spontané pour l’événement. Le recueil parcourt différents lieux — Natashquan, le Viêt Nam, Montréal — et cherche à mettre en valeur le caractère commun de ces lieux. On les lit alors avec l’impression que cela pourrait se passer n’importe où.
L’auteure, Maude Smith Gagnon, procède par des touches narratives bien ciselées que sert une belle maîtrise de la langue. Un drap. Une place., à la forme très minimale, proche d’une sensibilité orientale, est un hommage à l’intensité d’être. Il y a là une pratique du dépouillement qui imbibe peu à peu la mémoire et l’absence et les rend aptes à accueillir tant le moindre événement du monde que tout son avènement.
Maude Smith Gagnon (GG 2012, poésie) à la conférence de presse du Conseil des arts du Canada annonçant les gagnants des Prix littéraires du Gouverneur général 2012.
Photo : Josée Lambert
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Note biographique
Maude Smith Gagnon, peu importe ce qu’elle signe, récolte les honneurs. En 2006, avec son premier recueil de poésie, Une tonne d’air, la jeune auteure a remporté le Prix Émile-Nelligan. Ce premier recueil reprend le mémoire de maîtrise qu’elle a complété à l’UQÀM et qui lui a valu le Prix Hurtubise/HMH, prix décerné au meilleur mémoire de création. En 2012, avec Un drap. Une place., son deuxième recueil, elle remporte un premier GG. Originaire de la Basse-Côte-Nord, Maude Smith Gagnon a grandi dans le Bas-Saint-Laurent et vit aujourd’hui à Montréal.